Quelques conseils d’habillement pour rouler l’hiver (1ère partie)

Quelques conseils d’habillement pour rouler l’hiver (1ère partie)

L’automne est bien installé, et avec lui son cortège d’inconvénients pour le cycliste: journées raccourcies, réduction de la luminosité, baisse des températures, pluie, chaussées glissantes, vent. Puis, avec l’arrivée de l’hiver, ce sera le gel et, dans de plus en plus de régions, les chutes de neige. Bref, la saison la moins propice à la pratique du vélo.

Il y a 3 façons d’aborder cette période: faire une coupure totale; pratiquer une autre activité sportive; continuer à rouler, en alternance ou non avec un autre sport.

– Appliquer le principe de coupure hivernale.

C’est la solution de facilité, mais elle se paye au moment de la reprise, d’autant plus qu’elle aura été longue. Cette coupure hivernale a été la règle pendant longtemps. C’était quasiment une évidence, tant la fatigue et le manque d’envie venaient s’ajouter aux conditions climatiques difficiles.

Aujourd’hui, la plupart des cyclistes arrêtent le vélo de route pendant quelques semaines, sans que cela soit synonyme d’arrêt de toute activité sportive, ou en tout cas physique. La coupure du vélo de route est en fait souvent perçue comme étant nécessaire pour des raisons psychologiques. Certains parlent de « se régénérer l’esprit« .

– Entretenir une relative forme physique en pratiquant un ou plusieurs autres sports.

On pense notamment aux sorties de VTT, aux séances de home-trainer, au jogging, à la natation, à la fréquentation d’une salle de sport pour faire de la musculation et/ou effectuer divers exercices physiques sur un mode souvent ludique.

– Continuer à effectuer des sorties de vélo de route

Ces sorties seront plus courtes et moins nombreuses que pendant la saison « normale », pour toute sorte de motifs. En complément, le cycliste poursuivra son entretien physique en pratiquant une ou plusieurs autres disciplines.

Mais, ayant choisi d’orienter mon article sur l’habillement, je ne développe pas ici les activités extra-cyclistes et m’en tiens donc aux questions qui se posent lorsque l’on veut pratiquer son sport favori l’hiver.

 

                                                                    Veste thermique EKOÏ (source: site www.ekoi.fr)

1 – S’habiller en fonction de la météo

Présenter ce conseil de cette manière c’est un peu une lapalissade. Quoique …

Il est certain que nous ne sommes pas égaux devant la perception des conditions climatiques. Des coureurs sont plus à l’aise par temps froid, voire sous la pluie, que sous de fortes chaleurs, et inversement. Il y a cependant des constantes qui valent pour la grande majorité d’entre nous. En septembre et parfois en octobre, on partira volontiers avec des manchettes et un coupe-vent, accessoires que l’on ôtera si la température remonte un peu. Le maillot manches longues et/ou une veste légère s’imposent ensuite peu à peu. Lorsque le thérmomètre descend sous les 10 degrés positifs, puis se rapproche du fatidique zéro, il faut carrément revoir complétement sa tenue cycliste.

Pour son confort, et parfois sa santé, il faut éviter de s’habiller à contre temps. Trop habillé, c’est une sudation excessive, entraînant une perte de performance. Pas assez, c’est très désagréable, inconfortable et un risque de refroidissement.

Les conseils qui suivent s’appliquent aux sorties au cours de l’hiver, carrément. On évitera toutefois de rouler par grand froid. Quand on se rapproche des -5 degrés, outre la difficulté à y trouver du plaisir, c’est le risque sanitaire qui est présent (problèmes respiratoires).

11 – Pour le corps, c’est la règle des 3 couches

Nul besoin de superposer des couches et des couches de vêtements pour se protéger du froid. D’une part ce n’est pas forcément efficace en terme de protection; d’aute part, ce n’est pas en étant engoncé dans de nombreuses épaisseurs qu’on sera le plus à l’aise pour piloter sa bicyclette.

La solution, qui n’est plus nouvelle à ce jour (elle est issue du milieu de la montagne), est de s’en tenir à la règle des 3 couches. L’objectif est de se protéger du risque d’hypothermie, de conserver la chaleur émise du fait de l’exercice physique, d’évacuer l’humidité, tout en restant le plus au sec.

111 – De quoi s’agit t’il ?

la 1ère couche, à même la peau, ne doit surtout pas être constituée d’un vêtement en coton. Le choix se portera principalement sur le polyester, le polyamide ou le polypropylène. On peut aussi utiliser un sous-vêtement en laine. Beaucoup de marques (vélo et montagne) proposent des sous-vêtements techniques très intéressants: évacuation de la transpiration, sèchage, première isolation thermique.

la seconde couche a pour but, toujours de participer à la protection contre le froid, et de conserver la chaleur produite. Le pull-over classique n’est pas efficace, le polaire très insuffisamment car – bien que procurant de la chaleur –  il ne bloque pas le passage de l’air. Cette deuxième couche sera constituée de fibres polaire. Là aussi, les mêmes marques de montagne et de vélo occupent ce créneau des tissus techniques. Leurs produits remplacent avec bonheur l’ancien et classique maillot cycliste à manches longues.

– enfin la 3ème couche, destinée à assurer principalement la protection contre la pluie (voire la neige) et le vent, devra également être respirante afin de permettre l’évacuation de l’humidité. On appelle cette couche extérieure la veste thermique.  Tout en étant plus rigide que les vêtements des couches inférieures, plus épaisse et plus solide, la veste d’hiver doit garantir une bonne liberté de mouvements. Etanche à l’extérieur et plutôt respirante à l’intérieur sont les caractéristiques de base de la 3ème couche.

112 – Les principaux tissus techniques

D’importants progrès ont été réalisés en matière de tissus depuis quelques années. Les principaux sont les suivants:

Coolmax: maintien le corps au sec en facilitant l’évacuation de la transpiration.

– Drytex: tissu pour sous-vêtement à effet brossé sur une face (polyester), facilite l’évacuation de la transpiration.

Goretex: c’est une menbrane totalement imperméable que l’on place entre le tissu externe d’un vêtement et la doublure interne. Respirante, elle permet de rester au sec.

Heatmaxx: tissu brossé en face interne, évacue la sueur et garde la chaleur.

Isowind: constitué de plusieurs couches, ce tissu protège de l’eau et du vent, tout en favorisant une respirabilité vers l’extérieur.

Néoprène: c’est un caoutchouc synthètique, trés résistant, qui garde la chaleur.

PrimaLoft: matière légère, déperlante, qui permet de rester au sec et au chaud dans des conditions météo difficiles.

Super Roubaix: tissu molletonné et respirant pour maintenir la chaleur du corps et évacuer l’humidité.

Softshell: stretch anatomique, chaud, respirant et coupe vent. Une veste en softshell, doublée en polaire, permet de supprimer la seconde couche du triptyque ci-dessus.

Tech Dry: tissu effet élastique, imperméable et respirant.

ThermaStat: tissu présentant l’avantage de stocker une quantité d’air chauffée par le corps.

Vuelta: etoffe offrant une certaine elasticité, bactériostatique, résistant à l’abrasion.

Warmtech: membrane au pouvoir adiathermique (aptitude d’une étoffe à s’opposer au passage de la chaleur; appelé aussi indice d’isolation thermique d’une étoffe, il correspond au pourcentage d’énergie préservée par la présence de l’étoffe sur le corps à isoler; on l’utilise pour quantifier la qualité des anoraks, couettes, etc… tend à être remplacé par la résistance thermique conjuguée à la résistance évaporative pour caractériser le confort de l’étoffe. Source: www.ifth.org/innovation-textile/)

WindDry: tissu 3 plis, léger et imperméable. Par sa capacité d’ajustement exceptionnelle, offre un très bon confort.

WindProtect: polyester avec protection au Téflon. Tissu très efficace contre le vent, résistant bien à l’eau, ventilé.

WindProof: tissu déperlant, coupe vent.

WindStopper: membrane coupe vent, existant sous 3 formes (laminé 2 couches ou 3 couches, polaire 3 couches).

WindTex: membrane coupe vent, légère et souple, imperméable et évacuant bien la sueur. 

113 – Quelques marques de tenues d’hiver

Par ordre alphabétique: ASSOS, CAMPAGNOLO, CANNONDALE, CASTELLI, CRAFT, EKOÏ, GORE BIKE WEAR, LOUIS GARNEAU, LOOK, MAVIC, NORET, NORTHWAVE, PEARL IZUMI, SANTINI, SCOTT, SPIUK, ZERO RH+.

Chacune de ces marques commercialisent des éléments de la tenue du cycliste qui vous permettront d’affronter les rigueurs de l’hiver dans de bonnes conditions. Compter, par exemple, de 50 à 120 € pour un sous-vêtement, de 80 à 300 € pour une veste d’hiver. Mais certains produits haut de gamme voient leur prix s’envoler au-delà.

12 – Les autres éléments de la tenue d’hiver

Outre le collant, ils protégent les mains, la tête et les pieds.  

A suivre …

 

 

 

5 réactions au sujet de « Quelques conseils d’habillement pour rouler l’hiver (1ère partie) »

  1. BONJOUR,
    Je suis allé chez Décathlon Périgueux avec tous les renseignements de votre article: les 3 couches, les descriptifs,les tissus….etc….. et ça a été assez décevant .

    Pour la première couche, ça allait : pas de coton, etc…. ils étaient bons !

    Par contre pour le 2 éme couche, c’était assez hésitant : le polaire sans les fibres polaires ou l’inverse ils comprenaient pas trop et les marques de tissus, à part Goretex, non plus : Coolmax, HeatMaxx, Drytex, etc…..pas trop connu au régiment !

    et pour la troisième couche, un genre de coupe-vent respirant ,j’ai trouvé que le choix
    de modèles était hyper pauvre ! donc la prochaine fois……..

  2. Bonjour, je n’arrive pas à envoyer un mail à Louis pour avoir une réponse !

    À partir du systéme des 3 couches de vêtements, on peut déduire que si l’on est en voiture, dans un sac de couchage quand il fait chaud ou tiède, il ne faut surtout pas de linge en coton : je peux donc jeter mon pyjama car on évacue peu la chaleur et la sueur forcément avec un vêtement de coton ?

    Qu’en pensez-vous ? je crois que je vais apporter tous mes tricots en coton chez Emmaus !

    Cordialement,

    François

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