Le test d’effort cardiologique

Le test d’effort cardiologique

Qui n’a pas entendu autour de soi un cyclistecyclosportif, cyclotouriste et bien sûr un coureur – dire qu’il avait fait un test d’effort, et plus précisément un électrocardiogramme d’effort ?  C’est devenu plus courant qu’il y a quelques années, et c’est une excellente chose. D’abord pour la santé (au sens primaire du terme) des cyclistes, mais pas uniquement comme nous allons le voir.

Mais, qu’est-ce qu’un test d’effort ? pourquoi en faire un ? comment cela se passe t’il ? quelles sont les données obtenues ? quelles en sont les suites ? Dans cet article, nous allons apporter des éléments de réponse à ces interrogations. Bien évidemment, pour en savoir plus et envisager de réaliser un tel test, il conviendra de consulter en premier lieu votre médecin traitant qui vous orientera utilement. Car les informations ci-dessous ne sauraient se substituer à celles fournies par le corps médical, seul habilité concernant l’opportunité ou non de prescrire un test d’effort, de le réaliser, d’en interpréter les résultats, et d’en définir les suites sur le plan médical. Pour ma part, j’indique à la fin de l’article les sources que j’ai utilisées pour le rédiger.

1 – Qu’est-ce que le test d’effort ?

L’épreuve du test d’effort est un examen médical très poussé qui est destiné à mesurer:

– le rythme cardiaque,

– la pression artérielle,

– la puissance en watts,

– et, selon l’équipement utilisé en fonction des objectifs visés, la VO2 max et les seuils.

Avant d’aller plus loin, on indiquera que la VO2 est la consommation d’oxygène. Celle-ci augmente de façon linéaire avec l’effort pour parvenir à un plateau où elle se stabilise, et ce, malgré l’augmentation de l’effort. La VO2 max correspond ainsi à la consommation maxi d’oxygène.

Ce test permet, d’une façon générale, de vérifier l’adaptation cardio-vasculaire tout au long de l’exercice.

2 – Pourquoi effectuer un test d’effort ?

On peut dire qu’il y a 3 contextes qui va conduire au test d’effort. Les 2 premiers sont strictement médicaux, le 3ème s’adresse plus particulièrement aux compétiteurs réputés en bonne santé.

21 – Le test est réalisé suite à une indication médicale

L’épreuve d’effort, ou électrocardiogramme d’effort (ECG), enregistre l’activité électrique cardiaque au cours d’une séquence physique soutenue. Dès lors l’analyse des réactions du coeur dans ce contexte est précieuse pour:

– déterminer la cause de douleurs thoraciques,

– surveiller le fonctionnement du coeur après un infarctus du myocarde,

– le suivi d’une autre pathologie cardiaque.

22 – Le test d’effort préventif

Le test d’effort peut être réalisé à titre préventif pour déceler d’éventuels problèmes cardiaques à l’effort, mais également au repos. Il serait sage d’en effectuer un avant la reprise (quel que soit l’âge) d’une activité sportive – cycliste en l’occurrence – dans le but de limiter les risques. Par ailleurs, à partir d’un certain âge, il peut être conseillé d’en faire un régulièrement, tous les 3 ou 4 ans par exemple. Mais ceci est de la compétence du praticien.

Pour faire court, chez la personne sportive, le test d’effort permet de quantifier les capacités d’endurance et de démasquer les anomalies du système cardiovasculaire qui, parfois, sont absentes au repos.

23 – L’aide à l’amélioration de la performance

Hors pathologies connues, le test d’effort pratiqué par un coureur est utile pour établir un programme d’entraînement. Les données recueillies permettent de faire un point précis sur la forme du moment. Ce sont d’utiles indications pour les entraîneurs chargés d’établir le plan de charge du coureur en fonction de ses objectifs et des points qu’il doit améliorer.

24 – Les contre-indications

Avant de pratiquer le test d’effort, le praticien s’assurera de l’absence de contre-indication clinique et électrocardiologique.

Pour ne pas l’oublier, signalons dès à présent qu’il existe des cas où le test est interrompu avant la fin:

– présence d’une anomalie de la tension artérielle ou du rythme cardiaque,

– souffrance du muscle du coeur révélée au cour de l’épreuve,

– épuisement ou essoufflement précoces du patient.

3 – Comment se déroule le test d’effort ?

Le test d’effort se déroule selon les recommandations de la Société Française de Cardiologie, tant au plan technique qu’à celui de la sécurité du patient. Dans le cadre de cet article, on se contentera d’indiquer de façon très globale comment les choses se passent.

Le test est réalisé en milieu hospitalier public ou privé, dans un centre médical du sport, ou au cabinet d’un cardiologue. Il est dans tous les cas conduit par un médecin cardiologue, assisté d’un collaborateur (qui peut être un infirmier). Il est vivement souhaité que l’épreuve se déroule dans un local bien ventilé, avec une température n’excédant pas 20 degrés. Le patient (non à jeun) portera, pour l’exercice, des vêtements et chaussures confortables.

Il peut être effectué sur un tapis roulant, mais le plus fréquemment on utilise une bicyclette ergométrique. Muni d’électrodes collés sur le thorax et d’un brassard pour la tension artérielle, le patient est en outre équipé d’un masque pour l’enregistrement des gaz qu’il inspire et expire.

Le patient commence à pédaler puis, par paliers successifs, il accentue son effort selon les indications du médecin. Le patient doit signaler toute difficulté: sensation d’inconfort, douleur, oppression, essoufflement, fatigue importante, battements anormaux du coeur, etc…

Tout au long de l’épreuve sont enregistrées diverses données: la fréquence cardiaque (FC), la tension artérielle (TA), la puissance de pédalage (exprimée en watts), la consommation d’oxygène (VO2), la gaz carbonique (VCO2), la ventilation pulmonaire 5VE), La consommation maximale d’oxygène (VO2 max).

Le test se poursuit habituellement jusqu’à la limite du patient, c’est-à-dire jusqu’à ce que le coeur batte aussi vite que possible, selon l’âge du patient et de son état de santé, toujours sous la surveillance du cardiologue. Le niveau d’épuisement atteint avoisine à peu près le résultat arithmétique de la formule classique « 220 – âge »; mais il peut y avoir une différence notoire. Une fois le test achevé, le patient continue à pédaler tranquillement pendant quelques minutes, pour faciliter la récupération. Cela permet d’éviter normalement les malaises vagaux post-effort et d’enregistrer des anomalies électrocardiographiques éventuelles qui ne surviendraient qu’en phase de récupération.

Chez le sportif, cette dernière phase présente l’avantage d’évaluer ses capacités de récupération et de rechercher, le cas échéant, des signes de surentraînement.

4 – Les suites du test

41 – Principes de base

Les résultats de l’examen sont transmis au médecin traitant qui, au cours d’une consultation, les expliquera au patient en lui donnant tout conseil approprié et les suites à donner le cas échéant.

Concernant le coureur, les résultats seront également portés à la connaissance de son staff technique qui, sous le contrôle du médecin de l’équipe, élaborera son plan d’entraînement.

42 – Quelques considérations

Hormis les cas de pathologies (pathologie coronarienne, cardiomyopathie hypertrophique, notamment), connues avant le test ou détectées pendant l’épreuve – hypothèses ne pouvant être traitées dans le cadre de cet article – l’épreuve d’effort est qualifiée de normale, ce qui est le plus fréquent. Le sportif concerné n’aura absolument pas perdu son temps car le cardiologue lui aura permis d’évaluer sa performance: FC max, VO2 max, puissance maxi, etc …

Les cyclistes, quels qu’ils soient, qui n’ont pas encore de cardiofréquencemètre se hâteront d’en acquérir un. C’est un outil indispensable pour pratiquer le sport vélo, y compris pour les cyclotouristes. Certes, ce n’est pas une « assurance tous risques », mais ce petit appareil – il y en a à tous les prix – permet, mieux que ses sensations personnelles, de suivre en direct l’intensité de ses sorties vélo. En prenant en compte les enseignements tirés du test d’effort, le cycliste peut, grâce au cardiofréquencemètre, affiner la qualité de ses entraînements, notamment les séances au voisinage du « seuil », essentielles pour progresser.

Quelques mots sur ce « seuil » que je n’ai fait qu’évoquer. Il s’agit du seuil d’accumulation de l’acide lactique qui correspond à la fréquence cardiaque à partir de laquelle débute l’essoufflement. C’est la fameuse zone rouge; elle se situe entre 70 et 85 % de ma VO2 max. Par l’entraînement, ce seuil peut grimper pour supporter des vitesses plus élevées sans « surchauffe ».

5 – Conclusion

Que ce soit sur les conséquences en terme de santé du test d’effort d’une part, ou de méthodes d’entraînement s’appuyant sur ses résultats, on sort de l’objet de cet article dont l’ambition se limite, en fait, à donner des informations basiques aux sportifs sur la question du test d’effort.

Louis

(publié le 15 juillet 2015)

 

Sources:

http://www.ameli-sante.fr/comment-se-deroule-un-electrocardiogramme-deffort-ou-epreuve-deffort.html

http://www.clubcardiosport.com/document_detail.php?doc_id=70

http://www.velo-training-consulting.com/documents/test/test.pdf

Bibliographie:

Les fondamentaux du cyclisme, Tome 1, Christian Vaast, éditions @mphora, avril 2003

Cyclisme moderne, entraînement, principes, méthodes, surveillance médicale, Docteur Patrick Mallet, éditions @mphora, septembre 2011

 

 

 

 

 

3 réactions au sujet de « Le test d’effort cardiologique »

  1. mon médecin généraliste m’a prescrit un test d’effort car je suis essoufflée et que je vais en salle de sport à 70 ans. Or l’hôpital souhaite une ordonnance d’un cardiologue. Ma cardiologue vue en décembre et contactée en janvier pour cette ordonnance me fait répondre par son secrétariat le courriel suivant : « Chère Madame Le Docteur Laurence Bor.. vous informe que cet examen n’est pas indiqué chez vous car les anomalies de l’électrocardiogramme rendent le test d’effort ininterprétable.
    Elle est désolée de ne pas pouvoir répondre à vos attentes.  »

    Que dois je faire ?

    1. Bonjour,
      N’étant pas médecin, je ne peux répondre à votre questionnement. Navré.
      Cependant, si j’étais à votre place, j’insisterai auprès de mon cardiologue, en me faisant aider de mon médecin traitant si besoin, pour en savoir plus, et surtout savoir quelle est précisément ma situation cardiaque. En effet toute pratique sportive nécessite de savoir ce que l’on peut faire et quelles sont ses limites, pour rester prudent en terme de santé.
      Pour info, ce qui se passe pour moi est la chose suivante: mon médecin prescrit le test, je vais chez le cardiologue une 1ère fois pour des tests médicaux statiques, et si rien n’interdit le test d’effort, le même cardiologue me le fait faire lui-même lors d’un autre RDV (dans une clinique où il y a le matériel adéquat).
      Bon courage à vous.
      Cordialement,
      Louis

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