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Quelques conseils d’habillement pour rouler l’hiver (2ème partie)

Dans un premier article, il était question de la protection du corps, avec d’une part le principe des 3 couches, et d’autre part un panorama des tissus techniques employés aujourd’hui pour la confection des vêtements cyclistes, et particulièrement ceux portés l’hiver. Mais, les habits du haut ne sont évidemment pas les seuls concernés pendant la saison froide. Aussi, nous allons parler ci-après des autres éléments vestimentaires permettant de rouler dans de bonnes conditions de confort.

12 – Les autres éléments de la tenue d’hiver

121 – Le collant

Le collant d’hiver a une coupe classique (ligne très ajustée, bretelles, avec souvent une sorte de plastron montant assez haut sur le torse, insert ergonomique antibactérien). Ce qui le différe du collant que l’on porte aux changements de saisons (fin de l’hiver et début d’automne), c’est la nature et l’épaisseur des étoffes employées. Beaucoup de ces tissus sont les mêmes que pour les vêtements du corps (cf liste dans la 1ère partie de cet article). Mais en parcourant les offres des différents fabricants, on note d’autres noms de matière dont la vocation est de protéger contre le froid, le vent et la pluie (en tout cas au moins pour partie).

Anisi, selon les marques de fabricants, le collant est constitué de plusieurs membranes pour une bonne isolation thermique, ou utilise des tissus techniques dénommés AirBlock (ASSOS), Thermoflex (CASTELLI),  Windstopper (SPORTFUL),Vuelta(EKOI), ThermoShield LOOK), Thermolite (NORET), Super Roubaix (NALINI, SANTINI), Ergodry (SPIUK),  Softshell (BONTRAGER), ou encore de la polaire grattée (CRAFT, ODLO) ou de la fibre de carbone, etc, etc…

Par ailleurs, les bretelles des collants peuvent être en Mesh pour favoriser la respirabilité. Des collants ont parfois un tissu doublé au niveau des genoux pour améliorer la protection contre le froid. Et pour une meilleure visibilité, beaucoup de collants disposent de liserés réfléchissants, en plus des logos qui le sont aussi.

L’amplitude des prix est large, en fonction de la technicité des produits et des marques.  Comptez de 70 à 230 €, avec une concentration des offres autour de 100 €.

122 – La protection des extrèmités

Mains, pieds et même tête sont sensibles au froid. Protégez-les.

La panoplie hivernale comporte des sous-gants en soie et des gants chauds. Ces derniers doivent résoudre l’équation légèreté/chaleur. En effet, les gants ne doivent pas être trop épais afin de permettre aux doigts de manipuler facilement les manettes de changement de vitesse et les freins. Mais ils doivent aussi répondre à des critères de protection contre le froid, le vent et la pluie. On trouve beaucoup de gants en Softshell, Windstopper, ou encore en Gore-Tex ou en Néoprène.

 

                                                                                        Gants hiver Assos Raingloves S7

Des chaussettes longues, en laine, Thermolite, Coolmax ou Gore-Tex, seront appréciées. Le problème des chaussettes d’hiver, c’est qu’elles sont souvent plus épaisses, d’où une cohabitation difficile avec nos chaussures habituelles. Il faut en effet éviter d’avoir les pieds trop serrés. Une solution est d’utiliser l’hiver une paire de chaussures « qui a des kilomètres« ; la tige un peu assoupie acceptera mieux une plus grande épaisseur de chaussettes.

On trouve dans le commerce des chaussures montantes. Cependant, l’utilisation de couvre-chaussures est très efficace pour se protéger des intempéries (froid et humidité). Cet accessoire est très souvent en néoprène. On en trouve aussi en Windstopper.

Le casque ne protège pas du froid. On peut mettre un simple bandeau ou serre-tête un peu épais, ou un couvre-chef thermique (Windtex ou Windstopper) qui enveloppe le crâne, les oreilles et la nuque. Pour le visage, la meilleure protection par grand froid est la cagoule.

En plus de ces équipements, il est conseillé de s’appliquer sur la peau du visage et les lèvres une crème hydratante.

Ne pas hésiter, également, à porter une paire de lunettes. Ce n’est pas pour le look, encore moins pour le soleil (peu brûlant à cette époque), mais en tant que protection supplèmentaire. Les lunettes, ça protège de l’air, surtout quand on prend un peu de vitesse. Bien évidemment, on choisira des verres adaptés à la mauvaise saison: carrément blancs (enfin, non colorés), ou jaunes ou oranges surtout si le ciel est brumeux. Et puis, cela donne l’illusion d’un pâle soleil.

Ah, j’allais oublier: n’oubliez pas de mettre dans une poche le fameux gilet jaune. Car il est obligatoire – et sécurisant – de le porter dès que la luminosité faiblit fortement.

2 – Pour bien rouler l’hiver

J’ai voulu consacrer cet article aux questions d’habillement pendant la saison froide. Cependant, je ne résiste pas à l’envie d’aborder brièvement les autres aspects d’une sortie vélo l’hiver, à savoir, l’équipement du vélo, l’alimentation, enfin la pratique de l’activité sportive proprement dite.

21 – La préparation du vélo

On équipera son vélo de pneus tous temps ou mieux, de pneus hiver: gomme spécifique aux températures basses, 60 TPI (densité du pneu), renforts anti-crevaison, section de 25 mm. Utiliser un lubrifiant pour temps froid (plus épais). On peut monter des garde-boue; un éclairage avant et arrière peut aussi avoir son utilité. Et n’oubliez pas le gilet jaune.

Au retour, pensez à vous occuper du vélo, surtout si vous avez roulé sous la pluie, ou sur des routes plus ou moins boueuses. C’est fou (et c’est bien compréhensible aussi, il faut bien que l’activité se poursuive) ce que les tracteurs agricoles laissent comme terre sur le goudron notamment à leur sortie des champs, et ils circulent beaucoup dans certains secteurs de nos campagnes. Hormis de la terre, on trouve sur la chaussée humide des grains de sable et du sel (suite aux épisodes neigeux), éléments tous deux abrasifs. L’eau, la boue et ses composants s’immisent partout et âbime la transmission.

Nettoyer sérieusement le vélo, puis le sècher; penser à huiler ou graisser selon le cas les pièces en mouvement. Ne pas oublier la chaîne (dégraisser et huiler) et la cassette, ainsi que les galets du dérailleur et les gaines des câbles.

 22 – S’alimenter

Utiliser de préférence un bidon thermos pour emporter une boisson chaude, du thé vert par exemple. On a peu soif l’hiver, ce n’est pas une raison pour ne pas s’hydrater. Dans un second bidon, prendre une boisson isotonique.

Au niveau alimentation, on sait que l’effort physique dans des conditions climatiques difficiles est grand consommateur d’énergie. Pour compenser, manger des barres énergétiques, pâtes d’amande, de fruits et des gâteaux secs.

 23 – Quelques conseils pour la pratique du vélo

Avant de partir, il est préférable de bien s’échauffer. Mon conseil: faire une petite gymnastique (chez soi, à l’intérieur) et des assouplissements: sautiller sur place, effectuer des flexions des jambes et de larges mouvements des bras, et des plus petits de la nuque. Si on en a la possibilité (par exemple si l’on dispose d’un second vélo installé en permanence), pourquoi ne pas pédaler sur home-trainer pendant quelques minutes, cool.

Les sorties seront courtes, 2 heures maxi, et régulières afin de s’habituer à rouler l’hiver.

On évitera les cols, à cause de la température. En montée, grimper à 1000 mètres, c’est descendre de 5 degrés environ. En descente, il faut savoir que chaque tranche de 10 km/h de vitesse entraîne une baisse de température de 1 degré. Ainsi, rouler en descente à 30 km/h, c’est perdre d’office 3 degrés.

Eviter également les arrêts, synonymes de refroidissement rapide causé par la température extérieure, certes, mais surtout par l’humidité générée par le corps. Bien se couvrir. L’idéal serait d’avoir un sac à dos avec des vêtements secs, ou de ne pas s’arrêter.

Pour éviter l’onglée, ou ralentir sa survenue, et outre la qualité des gants portés (je rappelle les sous-gants en soie), il est conseillé de contracter et relâcher fréquemment les doigts et orteils.

Au final, les sorties hivernales sont principalement destinées à entretenir une petite forme, ou comme l’on veut ne pas trop perdre. Ce n’est pas le moment des exploits – sauf objectif très spécifique – aussi il est préférable d’enrouler sur un bon rythme, sans plus, sur des parcours plats ou peu vallonnés. Il sera toujours temps, en janvier et février, de commencer son plan d’entraînement pour la nouvelle saison.

Louis

(article publié le 20 novembre 2013)

 

4 commentaires

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  1. mottelet marie a dit :

    Bonjour Louis,

    Merci beaucoup pour tous vos articles de très grande qualité. J’ai une petite question sur les gants d’hiver. Je suis tentée par une paire de gants chauffants. J’aurais aimé avoir votre avis sur cet article mais vous n’en parlez pas. Est ce parce que les gants chauffants sont sans intérêt ?

    Merci de votre réponse.
    Bien amicalement.
    MM.

    1. Louis a dit :

      Bonjour,
      C’est vrai que je n’en ai pas parlé. Pour la pratique du vélo, ce type de gants n’est pas encore très répandu. Il est vrai que la plupart d’entre nous, quand il fait très froid, ne sortent pas: trop désagréable, peu « productif », parfois limite au plan santé. Cela étant, les gants chauffants existent. J’en ai trouvé qui semblent intéressants. Voici le lien: http://www.lecyclo.com/velo/confort/vetements/contre-le-froid/gants-chauffants-impermeables.html
      Mais, en cherchant sur le net, il y en a d’autres.

      Cordialement,
      Louis

  2. François Pelatan a dit :

    Bonjour,

    J’ai beaucoup apprécié votre article sur les vêtements d’hiver en cyclisme avec la démarche des 3 couches, même si je suis surtout un Vététiste de promenade et de découverte…….J’ai fait un résumé de vos conseils et je suis allé à Décathlon Périgueux où il n’est pas très facile de retrouver les vêtements indiqués, bien que le personnel soit accueillant et informé! Pour la première couche, pas trop de problèmes….par contre, pour la 2 éme couche, la différence entre polaire et fibres polaires n’est pas très comprise et la notion de « tissus techniques » semble inconnue ( ou bien c’est moi qui n’aie pas été clair…….!) Quant aux nombreuses marques Coolmax, Drytex,Heatmaxx, Isowind, elles sont invisibles
    à part Goretex……on pourrait croire qu’il y aie un catalogue où on pourrait choisir son tissus….eh bien pas du tout….à moins que le type de clientèles d’un Décathlon influe sur ses produits…..le Décathlon de Bayonne ne sera pas le même peut-être?
    Finalement, pour trouver Coolmax je vais devoir aller sur internet….dommage pour eux…..

    Cordialement

    1. Louis a dit :

      Bonjour,
      C’est vrai qu’il est souvent difficile de trouver une large palette de vêtements dits techniques dans les magasins « en dur », problème de stocks oblige. En cherchant sur le web, notamment par marque, on trouve plus facilement les types de vêtements dont je parle. En voici quelques unes: ASSOS, CASTELLI, ETXE ONDO, EKOI, CRAFT, GORE BIKE, WEAR, LOOK, MAVIC, NORTHWAVE, NALINI, PEARL IZUMI, NORET, SANTINI, SCOTT, SPIUK, ZERO RH+. Mais il y en a d’autres.
      Cordialement,
      Louis

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